Vartak était accroupi à flanc de colline, caressant son Collier des Peaux de Plume du bout des doigts. Les cuisses puissantes du Barbare des Contrées Orientales soutenaient sa lourde musculature, tandis qu’il observait la scène qui se déroulait sur la route, quelques dizaines de mètres plus bas.
Il avait été témoin de dizaines d’embuscades semblables. Des voyageurs naïfs et sans défense, traqués jusqu’à l’épuisement par des bandes d’Orcs sauvages, au détour de la Traquenarde. Cette fois le petit groupe encerclé était accompagné d’une Magicienne douée, mais à bout de forces.
Wouf le loup gris poussa un gros soupir. Ses yeux de canidé suivaient les arcs de lumière projetés depuis le bâton ensorcelé, mordant les Orcs à la vitesse du serpent.
– Cela me rappelle les orages des Plaines Warg…
Vartak se confiait au loup comme à un ami. Peut-être celui-ci était-il capable de le comprendre, mais il était trop occupé à suivre la bataille dans l’instant.
Un dernier éclair fusa du bâton et grilla instantanément l’Orc imposant qui s’était approché d’un peu trop près des quatre voyageurs. La magicienne porta un regard de résignation face aux six attaquants encore debout. Elle était épuisée et le combat touchait à sa fin désormais.
– Allez ! On y va Wouf !
Le Barbare et le loup se levèrent d’un bond, Vartak attrapa sa hache à deux mains d’un geste rapide et assuré. Les muscles bandés, il dévala la pente comme il en avait dévalé des centaines dans sa vie de nomade. Sa poitrine se soulevant sans peine alors qu’il aspirait à grandes goulées l’oxygène nécessaire à sa course.
Il poussa un cri guttural et rentra en transe, ce qui attira instantanément l’attention des agresseurs et du petit groupe de voyageurs en difficultés.
C’est Wouf qui sauta le premier à la gorge d’un Orc sale. Celui-ci s’effondra à terre avant d’être déchiqueté par la gueule du loup.
– SOGMA M’EST TÉMOIN ! Hurla Vartak.
Le Berserker était entré en transe et déjà sa hache tranchait, coupait, s’enfonçait dans la chair putride des Peaux-vertes.
Le dernier Orc encore debout tenta en vain de l’attaquer dans le dos avec son arme rudimentaire. Mais la machoire de Wouf se referma instantanément sur son poignet, tandis que la gigantesque hache de Vartak vint aussitôt fracasser son crâne difforme.
Nazmura la magicienne était médusée…
Elle fixait avec méfiance le Berserker au corps ensanglanté au milieu des cadavres de Peaux-vertes. Les cheveux noirs du Barbare étaient sales et collés. Il arborait des bottes en peau d’animal et un étrange collier de becs de rapaces.
L’Homme des Contrées Orientales laissa reposer la tête de son énorme hache sur le sol poussiéreux et Wouf se coucha à ses côtés. Vartak fut comme tiré de sa frénésie et esquissa un large sourire en s’adressant au groupe :
– Bonjour !
Sogma serait fier. C’est ainsi qu’il choisissait ses champions.

Chronique perdue de Dermonya